Viaje 2009 Mexico

Ma photo
Récit de notre voyage au Mexique de novembre 2008 à avril 2009

samedi 13 décembre 2008

Chronique 1
















Chronique 1 du 13 novembre 2008

Bonjour à toutes et tous de San Antonio,

Nous sommes arrivés ce midi pour 4 à 5 jours de repos après 13 jours de route.
Il a fait très beau depuis notre départ mais depuis 2 jours c’est beau et chaud.
Nous sommes en pleine forme et la Safari se porte et nous porte très bien.
Nous nous sommes initiés au scotter ce qui nous a permis de tester de nouvelles façons de visiter.

De Montréal nous nous sommes acheminés vers la Nachez Trail, une première journée de 850km, Nous nous sommes toutefois arrêtés le troisième jour dans un motel à Nashville pour la soirée des élections nous avons cherché l’atmosphère mais sans plus, nous l’avons trouvé à la Télé. Notre candidat l’a remporté. Mais quel boulot l’attend….

Puis, nous avons passé 5 jours dans la Nachez Trail, qui relie Nashville à Nachez sur un parcours de 400 milles. C’est en fait un parc national sur toute cette longueur et d’une largeur ne dépassant 1 mille. Cette route suit une ancienne piste indienne qui fût par la suite empruntée par les commerçants du fleuve Mississipi et par la poste. La route est tracée en parallèle et croise the Old Trace. une forêt protégée magnifique, des prairies, des sites historiques. Sentiers pédestres, activités de plein air, observation d’oiseaux, cours d’eau de toutes sortes, c’est féerique et exceptionnel surtout à cette période de l’année.
C’était un long été des indiens et les arbres étaient de toutes les couleurs. Tout le long des campings publics ou privés sont aménagés. Quelques uns sont même gratuits.

Puis nous avons visité Nachez, une des villes les plus riches du pays avant la guerre de sécession Une fort jolie ville sur une falaise dominant le Mississipi. Elle abritait l’un des plus gros marchés d’esclaves qui travaillaient dans les plantations avoisinantes. C’est ainsi qu’elle est devenue très prospère dont on conserve aujourd’hui un très bel héritage que l’on peut admirer par ses vieilles demeures à l’architecture imposante et impressionnante dite antebellum. Chaque année se fait un pèlerinage où les gens viennent visiter ces demeures de 1800 -1850.

De Natchez nous sommes entrés en Louisiane dont la tournée nous avait marqué l’an dernier par sa désolation. Nous avons donc décidé de visiter Bâton Rouge, la capitale de l’État, que nous n’avions pas vu. Comme on était le 11, jour du souvenir la ville était déserte et une cérémonie de commémoration se déroulait . Cornemuse et coups de canon….René en a presque perdu l’ouie. La ville dans son centre est jolie mais peu animée. Il est vrai que nous n’y sommes que passés.

De Bâton Rouge, nous nous sommes acheminés à Galveston au sud de Houston sur le golfe du Mexique. Nos premières pluies sont alors survenues depuis notre départ mais la chaleur est toujours de notre bord depuis Nashville 70/80. Toute cette région côtière sur 100km est une zone dévastée et sinistrée depuis septembre dernier, on dirait une zone de guerre, l’ouragan a tout balayé. Cette belle région de villégiature que nous avions aprécié en mars dernier avec son très beau camping d’État qui est également méconnaissable. Les jolies maisons sur pilotis n’y sont plus, des amas de débris qui longent la route de bord de mer qui est devenue presque un sentier. Les gens sont laissés presque à leur sort. On annonçait justement au moment de notre passage la fin des subventions de logement aux sinistrés alors que rien n’est fait et que, en dehors de Galveston l’électricité n’est pas encore revenu on est encore au stade du repiquage des poteaux et de l’installation de transfo. En voulant quitter Galveston par la côte vers l’ouest, nous avons même dû rebroussé chemin après 35 km car la route était défoncée et nous n’avons pas pris le risque du détour par la plage. On est quand même dans l’un des État dès plus prospère d’Amérique, rien à y comprendre.

Nous avons pu rencontrer un résident lui même sinistré qui nous a raconté et a pu répondre à nos questions. Tous ces gens ont tout perdu et n’ont presque pas eu de support de l’État. Situation semblable à celle de Katerina en Louisiane. Nous avions entendu la nouvelle mais malgré tout nous ne pensions pas trouver une catastrophe d’une telle envergure.

ET puis voilà que nous sommes à San Antonio dans un camping magnifique et confortable qui nous permet d’accéder au centre ville par bus en 20’. Quelques virées en ville en autobus local et la farniente sont nos projets des prochains jours C’est une ville avec un jolie centre ville qui nous prépare bien à notre virée mexicaine. Sa petite rivière urbaine bordée de trottoirs et d’hôtels est un lieu paisible et fleuri. Cette ville historique est importante pour les Texans car grâce à la hardiesse de sa population, a pu faire face victorieusement à l’armée mexicaine et qui fut suivi rapidement de l’annexion de la République Texane comme nouvel état américain. Quelle sera la situation dans 100 ans étant donné la forte présence hispanophone qui laisse présager des changements démographiques et culturels substantiels, qui sait le Texas redeviendra peut –être mexicain…ou texicano….

Nous prendrons le chemin de la frontière mexicaine lundi et la franchirons mardi . Nous avions pensé visiter des parcs nationaux qu’on dit magnifique dans l’ouest texan mais avons reconsidéré la question en estimant qu’il faudrait y consacrer beaucoup de temps pour en profiter, ce sera pour une autre fois


Au plaisir de vous lire

Denise et René

Chonique 2
















samedi, 29 novembre 2008

Hola los amigos,

Sommes installés à Aguascalientes pour quelques jours dans un jardin d’hôtel aménagé en verger. Nous respirons à plein nez l’odeur des fruits principalement la goyave comme on peut respirer le lilas chez nous au printemps. Nous avons décidé de prendre une pause prolongée après ± 6000kms.

Depuis qu’on s’est entretenu il s’est passé plein de choses. D’abord nous avons dû passer deux frontières pour rentrer au Mexique. À la première, Del Rio on refusait de nous accorder un permis pour la moto parce que nous n’étions pas mariés. La règle veut qu’on accorde un permis par personne donc René, le permis pour la Safari et sa femme le permis pour la moto, mais voilà que pas de papiers prouvant l’union pas de permis pour la moto. Nous avons rencontré un super mexicain qui voulait vraiment nous aider mais la règle c’est la règle.
C’est alors que nous avons pensé très fort à Marc (frère de René mais aussi avocat). Nous sommes donc revenus aux USA pour lui envoyer un courriel et téléphoner. Avec diligence Marc nous a envoyé une attestation assermentée de conjoint de fait et c’est ainsi que nous avons pu passer la frontière suivante Eagle Pass sans problème en fin de journée. Un policier nous a même escorté sur plusieurs kms pour nous rendre au bureau administratif afin finaliser les formalités Ce fut une journée stressante et nous étions contents qu’elle soit terminée. Nous avons pris un petit hôtel dans la ville frontière et un bon repas pour se dorloter et se souhaiter bon début de voyage au Mexique. La route est bonne mais c’est le désert, on se croirait au Niger.
La première visite mexicaine fut à Real de Catorce, une petite ville fantôme ressuscitée de 1500 habitants à 2,750 mètres d’altitude. On y a accès par une route de 25 kms faite de pavée de cailloux assez raboteux merci mais agréable par le panorama qu’elle offrait. C’est une ascension de 800 mètres d’une quarantaine de minutes qui se conclus en franchissant un tunnel à une voie de 2.5 kilomètres creusé dans le roc à la fin du XIX siècle, assez extraordinaire Nichée dans la Sierra Madre orientale elle fût une riche ville prospère avec ses mines d’argent, fût abandonnée au début du 20ième siècle. On peut voir les vestiges de pierre des maisons qui devaient être splendides. La ville renaît depuis quelques décennies avec la venue des touristes mexicains et étrangers un peu popularisé par la réalisation d’un film hollywoodien en 2000 ‘’ Le Mexicain’’ Toutes les rues sont à flan de montagne et en pierres. Nous avons eu la chance de placoter avec un monsieur commerçant d’une soixantaine d’années qui y est né et dont les parents étaient aussi originaires de cette ville. Il était très fier de nous parler de son histoire. Notre espagnol nous a tout de même fait défaut à certains moments. Nous y avons passé deux jours, dormi dans un charmant hôtel. La configuration de la ville ne permet pas de se stationner adéquatement pour dormir dans la safari.
Sur la route vers Zacatecas, nous nous sommes arrêtés pour manger dans une petite ville où le marché paraissait intéressant. Quelle chance nous avons eu car nous avons constaté que notre support à scooter était entrain de nous lâcher, le poteau central était sur le point de se disloquer les soudures tenant à peine et le scooter était à près de 45º. Un mexicain nous indiqua qu’un atelier de soudure était juste à côté. Le travail avec un renforcement fut fait en moins de deux avec en prime un adapteur métallique pour un total de 12$. Quelle chance nous avons eu.
Sommes arrivés à Zacatecas (119,000hab) en fin de journée, la route désertique se transformant graduellement en champs de culture irrigués. Quelle charmante ville. On la surnomme la pépite du désert car c’est une ville minière (argent) qui a prospéré sur 3 siècles. Une ville d’architecture coloniale, des rues en pavé, des musées dont 3 extraordinaires aménagés dans d’ex couvent ou séminaire espagnols datant du 17è siècles et réhabilités magnifiquement. L’un d’eux exposait des Picasso, Chagall, Miro, Calder et leurs contemporains. L’autre présentait une collection de plus de 2000 masques de l’ensemble du Mexique, le dernier sur l’art abstrait présentant les travaux de Manuel Felguérez, encore une fois une transformation architectural extraordinaire On sent très bien que les autorités de cette ville ont de la vision du développement sûrement un Jean Paul Lallier à leur tête…. On dénombre de nombreux hôtels dont plusieurs dans des édifices restaurés particulièrement un 5 étoiles aménagé dans un le plus vieil arène de tauromachie du Mexique, sublime. Nous logions sur les terrains d’un complexe hôtelier surplombant la ville et qui donnait accès par téléphérique à une colline Cerro de la Bufa avec vue magnifique, des monuments et une vieille construit au 18è. C’est une ville certainement agréable à vivre mais notre site de camping n’était pas très favorable à un séjour prolongé et aussi les soirées étaient assez fraîches. Nous avons terminé notre séjour dans un magnifique restaurant typiquement mexicain de cuisine traditionnelle exquise et d’ambiance familiale, les murs tapissés de photos de l’époque révolutionnaire. Puis le jour de notre départ nous avons visité la mine désaffectée, El Eden, devenue un site touristique intéressant où l’on peut facilement s’imaginer les souffrances vécues par les indigènes travaillant comme esclaves au profit des espagnols. Encore là une expérience pédagogique et historique.
Aguascalientes une ville industrielle et de commerciale avec une population importante. On sent ici le modernisme. Son centre historique est petit avec seulement quelques lieux intéressants à visiter. Les promenades en scooter sont plus à risque alors on prend les taxis, très abordables. (2$ la course). Toutefois comme nous sommes très bien aménagés dans un endroit paisible, avec piscine et verger, on en profite. On quittera lundi pour Guanajuato ville apparemment singulière et agréable, à suivre.

Salutations à tous

René et Denise










Chronique III
















San Miguel de Allende samedi le 6 décembre 2008







Nous sommes bien installés à San Miguel de Allende depuis deux jours sur un beau site dans un complexe hôtelier à l’entrée de la ville. Il fait toujours beau le jour et assez chaud mais dès que le soleil disparaît il fait assez frais. Nous y resterons au moins une semaine afin de profiter tranquillement de ce qu’offre cette cité coloniale bien organisée et envahie par les touristes et résidents surtout américains attirés par le climat et l’ambiance. Ici c’est le domaine des Real Estate. Il existe un boom immobilier. Peut-être Yves ça pourrait t’intéresser.

Ces visites des villes coloniales mexicaines : Zacatecas, Aguascalientes, Guanajuato nous plongent au cœur de l’histoire de ce pays que nous connaissons mal; notre histoire est de la petite bière en comparaison. Tout d’abord, l’arrivée des conquistadores qui ont mis à sac le Mexique et anéantis l’Empire Aztèque instaurant un régime impérial féodal et soumettant à l’esclavage la plupart des peuples indigènes au profit du roi d’Espagne et de ses conquérants. Par la suite pendant plus de deux siècles, l’Espagne a siphonné ce Mexique et enrichi une poignée de dirigeants, commerçants et industriels. On a vu naître des quasi ‘’Cités État’’ devant payés de forte redevance au roi.

Des vagues d’immigration et de métissage ont petit à petit forgé une nation qui exacerbée d’être exploitée après deux siècles d’esclavage, s’est levée pour réclamer son indépendance (1810). Un prêtre métissé est a la source de cette révolte, Miguel Hidalgo, excommunié bien sûr. Mais depuis lors, début 19ième le Mexique a vu se succéder dictateur sur dictateur la plupart non éclairés qui ont continué d’exploiter la majorité du peuple mexicain. Ce colonialisme en association très étroite avec l’Église Catholique a laissé sa marque de plusieurs manières mais ce qui domine principalement pour un tourisme c’est l’importance de la culture et les remarquables travaux architecturaux gigantesques qui ont été menés au cours de ces siècles : églises couvents, séminaires, haciendas, palais et maisons extraordinaires dont les visites nous permettent de constater la richesse accumulée par ces colons et l’Église et entrevoir la souffrance qu’a vécu le peuple. Toutefois, il faut reconnaître que beaucoup d’emphase est mise sur la valorisation de la culture et des arts et l’importance que l’on accorde à la réhabilitation des lieux historiques autant espagnols qu’indigènes. Au point de vue social, on peut seulement affirmer que c’est une société complexe que seul un long séjour nous permettrait de mieux comprendre.

Revenons à nos moutons. Nous avons fait un très beau séjour à Guanajuato. C’est également une ex ville minière qui a fait la fortune de ses dirigeants pendant plus de 250 ans. Ceux-ci ont investi dans des bâtiments somptueux et maintenus en état jusqu’à maintenant. C’est une ville enclavée où circulait une rivière en son centre mais maintenant asséchée. Toute la ville est en palier et côteuse. Elle est dotée de 4 tunnels qui permettent de passer d’un quartier à l’autre et d’en sortir. Il est pratiquement impossible de comprendre comment circuler dans cette ville. Notre camping était situé à flan de montagne surplombant la ville; nous avons tenté de s’y rendre seul selon les indications mais peine perdue il nous a fallu payer un guide.

Son petit centre ville est très animé particulièrement le soir. Il faut souligner que cette ville est réputée pour son milieu universitaire 20,000 étudiants créant ainsi une ambiance particulière pour une ville de moins de 80, 000habitants. Elle est dotée de deux grandes places dont l’une (Union) face au théâtre Juarez, construit vers 1910 par le fameux président dictateur du pays Porfino Diaz probablement pour obtenir les faveurs des élites. On ne peut imaginer avoir construit un tel édifice chez nous à la même époque. Époustouflant c’est une œuvre d’art. Près de cette place il y beaucoup de restaurants qui attirent de nombreux mariachis en quête de clients. Non loin, dans une petite agora plusieurs soirs par semaine se produisent des différents groupes interprétants de la musique et des chants traditionnels mexicains, Après une prestation 30 45’ le spectacle se déplace entraînant le groupe de spectateurs sous forme de procession chantant jusqu’à une autre place et le spectacle recommence ainsi de suite en intégrant de la musique dansante, quelqu’un est désigné pour nous servir à boire, dans de petites urnes que le groupe vend pour se financer. Nous avons eu droit à du jus d’orange mais il arrive souvent que ce soit du vin. Ce fut une soirée mémorable.

Ce qui est remarquable de ces petites villes mexicaines, c’est la présence des musées souvent uniques et encore une fois Guanajuato n’est pas en reste. Nous avons visité un musée, dans un ex-temple magnifiquement réhabilité et consacré à Cervantès pour son œuvre Don Quichotte : peintures, sculptures de toutes sortes, gravures même un Picasso présentant ces deux personnages. Chaque année se tient un symposium sur Cervantes. Nous sommes repartis enchantés de ce petit séjour par la bonne porte de sortie et sans guide cette fois-ci.

12 décembre San Miguel suite

San Miguel comme les autres villes précédentes est reconnue comme monument historique par l’UNESCO. Cette dernière présente des caractéristiques différentes des autres. Ici la présence des musées n’est pas le point fort mais une prédominance de toutes les formes d’art appuyée en cela par deux institutions remarquables de formation artistique. On y vient de partout pour y étudier. Les nord- américains ont été attirés depuis déjà plusieurs décennies par ce milieu dans un décor architectural coloniale magnifique. Graduellement des étrangers sont venus s’installer en permanence et ça continue ce qui a donné une impulsion économique importante. On y retrouve donc le meilleur des deux mondes, une ville organisée, structurée, belle, propre avec ses restaurants ses galeries d’art et d’autre part la culture mexicaine et son passé et dans un beau climat et un environnement très agréable. Cette ville est un point de chute idéal pour n’importe qui attiré par le Mexique et voulant quelques temps d’apprivoisement. Il tombera sous le charme et voudra s’y installer. Nous subissons nous-mêmes ce même envoûtement.

Nous nous sommes donc laissés prendre par l’ambiance et profitons au rythme mexicain de ses charmes : plusieurs promenades de découvertes à pied de la ville, visite d’un jardin botanique dédié aux plantes semi-désertiques et désertiques, aménagement magnifique, un jardin d’orchidées bien présenté mais nous n’étions pas au bon moment, une journée hors de la ville en scooter dans une station de bain thermale reposant et très relaxant, participation à la journée de la fête de la Virgen de Guadalupe patronne de mexicains, nous nous sommes joints à la procession de quelques kilomètres dans la ville pour aboutir à une église et recevoir de la main du curé une image de la vierge. Tout le Mexique est en fête et probablement des centaines de milliers de pèlerins ont convergé sur la Basilique en banlieue de Mexico. Nous terminerons notre séjour en assistant à un spectacle de flamenco. Partirons pour la côte est, Golfe de Mexique, lundi premier escale, Veracruz et pensons passer la Noël sur le bord d’un lagon Catemaco et filer par la suite sur Campeche.

À la prochaine,

Au plaisir de vous lire

Amitiés, René et Denise
San Miguel de Allende samedi le 6 décembre 2008

Nous sommes bien installés à San Miguel de Allende depuis deux jours sur un beau site dans un complexe hôtelier à l’entrée de la ville. Il fait toujours beau le jour et assez chaud mais dès que le soleil disparaît il fait assez frais. Nous y resterons au moins une semaine afin de profiter tranquillement de ce qu’offre cette cité coloniale bien organisée et envahie par les touristes et résidents surtout américains attirés par le climat et l’ambiance. Ici c’est le domaine des Real Estate. Il existe un boom immobilier. Peut-être Yves ça pourrait t’intéresser.

Ces visites des villes coloniales mexicaines : Zacatecas, Aguascalientes, Guanajuato nous plongent au cœur de l’histoire de ce pays que nous connaissons mal; notre histoire est de la petite bière en comparaison. Tout d’abord, l’arrivée des conquistadores qui ont mis à sac le Mexique et anéantis l’Empire Aztèque instaurant un régime impérial féodal et soumettant à l’esclavage la plupart des peuples indigènes au profit du roi d’Espagne et de ses conquérants. Par la suite pendant plus de deux siècles, l’Espagne a siphonné ce Mexique et enrichi une poignée de dirigeants, commerçants et industriels. On a vu naître des quasi ‘’Cités État’’ devant payés de forte redevance au roi.

Des vagues d’immigration et de métissage ont petit à petit forgé une nation qui exacerbée d’être exploitée après deux siècles d’esclavage, s’est levée pour réclamer son indépendance (1810). Un prêtre métissé est a la source de cette révolte, Miguel Hidalgo, excommunié bien sûr. Mais depuis lors, début 19ième le Mexique a vu se succéder dictateur sur dictateur la plupart non éclairés qui ont continué d’exploiter la majorité du peuple mexicain. Ce colonialisme en association très étroite avec l’Église Catholique a laissé sa marque de plusieurs manières mais ce qui domine principalement pour un tourisme c’est l’importance de la culture et les remarquables travaux architecturaux gigantesques qui ont été menés au cours de ces siècles : églises couvents, séminaires, haciendas, palais et maisons extraordinaires dont les visites nous permettent de constater la richesse accumulée par ces colons et l’Église et entrevoir la souffrance qu’a vécu le peuple. Toutefois, il faut reconnaître que beaucoup d’emphase est mise sur la valorisation de la culture et des arts et l’importance que l’on accorde à la réhabilitation des lieux historiques autant espagnols qu’indigènes. Au point de vue social, on peut seulement affirmer que c’est une société complexe que seul un long séjour nous permettrait de mieux comprendre.

Revenons à nos moutons. Nous avons fait un très beau séjour à Guanajuato. C’est également une ex ville minière qui a fait la fortune de ses dirigeants pendant plus de 250 ans. Ceux-ci ont investi dans des bâtiments somptueux et maintenus en état jusqu’à maintenant. C’est une ville enclavée où circulait une rivière en son centre mais maintenant asséchée. Toute la ville est en palier et côteuse. Elle est dotée de 4 tunnels qui permettent de passer d’un quartier à l’autre et d’en sortir. Il est pratiquement impossible de comprendre comment circuler dans cette ville. Notre camping était situé à flan de montagne surplombant la ville; nous avons tenté de s’y rendre seul selon les indications mais peine perdue il nous a fallu payer un guide.

Son petit centre ville est très animé particulièrement le soir. Il faut souligner que cette ville est réputée pour son milieu universitaire 20,000 étudiants créant ainsi une ambiance particulière pour une ville de moins de 80, 000habitants. Elle est dotée de deux grandes places dont l’une (Union) face au théâtre Juarez, construit vers 1910 par le fameux président dictateur du pays Porfino Diaz probablement pour obtenir les faveurs des élites. On ne peut imaginer avoir construit un tel édifice chez nous à la même époque. Époustouflant c’est une œuvre d’art. Près de cette place il y beaucoup de restaurants qui attirent de nombreux mariachis en quête de clients. Non loin, dans une petite agora plusieurs soirs par semaine se produisent des différents groupes interprétants de la musique et des chants traditionnels mexicains, Après une prestation 30 45’ le spectacle se déplace entraînant le groupe de spectateurs sous forme de procession chantant jusqu’à une autre place et le spectacle recommence ainsi de suite en intégrant de la musique dansante, quelqu’un est désigné pour nous servir à boire, dans de petites urnes que le groupe vend pour se financer. Nous avons eu droit à du jus d’orange mais il arrive souvent que ce soit du vin. Ce fut une soirée mémorable.

Ce qui est remarquable de ces petites villes mexicaines, c’est la présence des musées souvent uniques et encore une fois Guanajuato n’est pas en reste. Nous avons visité un musée, dans un ex-temple magnifiquement réhabilité et consacré à Cervantès pour son œuvre Don Quichotte : peintures, sculptures de toutes sortes, gravures même un Picasso présentant ces deux personnages. Chaque année se tient un symposium sur Cervantes. Nous sommes repartis enchantés de ce petit séjour par la bonne porte de sortie et sans guide cette fois-ci.

12 décembre San Miguel suite

San Miguel comme les autres villes précédentes est reconnue comme monument historique par l’UNESCO. Cette dernière présente des caractéristiques différentes des autres. Ici la présence des musées n’est pas le point fort mais une prédominance de toutes les formes d’art appuyée en cela par deux institutions remarquables de formation artistique. On y vient de partout pour y étudier. Les nord- américains ont été attirés depuis déjà plusieurs décennies par ce milieu dans un décor architectural coloniale magnifique. Graduellement des étrangers sont venus s’installer en permanence et ça continue ce qui a donné une impulsion économique importante. On y retrouve donc le meilleur des deux mondes, une ville organisée, structurée, belle, propre avec ses restaurants ses galeries d’art et d’autre part la culture mexicaine et son passé et dans un beau climat et un environnement très agréable. Cette ville est un point de chute idéal pour n’importe qui attiré par le Mexique et voulant quelques temps d’apprivoisement. Il tombera sous le charme et voudra s’y installer. Nous subissons nous-mêmes ce même envoûtement.

Nous nous sommes donc laissés prendre par l’ambiance et profitons au rythme mexicain de ses charmes : plusieurs promenades de découvertes à pied de la ville, visite d’un jardin botanique dédié aux plantes semi-désertiques et désertiques, aménagement magnifique, un jardin d’orchidées bien présenté mais nous n’étions pas au bon moment, une journée hors de la ville en scooter dans une station de bain thermale reposant et très relaxant, participation à la journée de la fête de la Virgen de Guadalupe patronne de mexicains, nous nous sommes joints à la procession de quelques kilomètres dans la ville pour aboutir à une église et recevoir de la main du curé une image de la vierge. Tout le Mexique est en fête et probablement des centaines de milliers de pèlerins ont convergé sur la Basilique en banlieue de Mexico. Nous terminerons notre séjour en assistant à un spectacle de flamenco. Partirons pour la côte est, Golfe de Mexique, lundi premier escale, Veracruz et pensons passer la Noël sur le bord d’un lagon Catemaco et filer par la suite sur Campeche.

À la prochaine,

Au plaisir de vous lire

Amitiés, René et Denise